Prisonniers d'un jeu mortel, votre seul espoir de vous en sortir est de finir le jeu Sword Art Online. Seul hic : vous pouvez vraiment mourir.


PAPAOUTAI
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Sen'ken
Messages : 156 |  Date d'inscription : 30/03/2015 |  
Posté le : le Ven 3 Avr - 12:34
Genki passait son temps à ressasser l'ironie de la situation dans laquelle ils étaient tous plongés. Contraints de jouer à un jeu mortel pour survivre, et en même temps conscients que sans l'ultime règle que ce chien de Kayaba leur a imposé, Sword Art Online aurait réellement représenté le nec plus ultra du jeu vidéo, l'avènement d'une nouvelle génération de jeu offrant un plaisir nouveau et des sensations décuplées à ses joueurs.
Mais en l'état, SAO n'était ni plus ni moins qu'une prison dorée, dans laquelle la vie était agréable mais qui ne pardonnait aucun faux pas. Accoudé au comptoir de la taverne Yahamanekh, le vieillard se ressassait tout ce qui l'avait conduit ici. Sword Art Online, sans doute le jeu vidéo qu'il ait le plus attendu et convoité de toute sa (longue) vie de joueur. Le sésame ultime, censé venir classer au rang de "has-been" l'intégralité de l'univers vidéoludique qui le précède. Il avait profité de ses bonnes relations avec le gestionnaire de sa boutique de jeux vidéo pour s'assurer de faire partie des 10.000 heureux élus en possession du jeu et du Nerve Gear. Et maintenant, le Nerve Gear était sa perfusion, le seul lien qui lui restait avec le monde réel. Qu'est-ce que les gens avaient fait de son corps ? Car si la mort dans ce monde entrainait la mort dans le monde réel, la réciproque était forcément vraie également. Qui s'était soucié de lui ? Comment le Japon s'organisait-il face au raz-de-marée qu'avait du provoquer l'affaire SAO, qui était bien partie pour marquer le siècle en cours ?

Sen'ken finit sa bière d'une traite, aussi virtuelle soit-elle, avant de tousser bruyemment. Penser à ce qui se passait de "l'autre côté" n'avait plus aucun intérêt. La priorité, c'était l'Aincrad. Car il faudrait avant tout s'en sortir ici, survivre, pour ne serait-ce que caresser du bout des doigts l'espoir de revenir dans le monde réel. "Monde réel", c'était ça aussi une belle ironie, tant la vie ici semblait elle aussi "réelle".

Le cinquantenaire se mit alors à observer la salle, modérément remplie. A une table, deux personnes, visiblement enlovées l'une de l'autre, riaient à gorge déployée. C'était un beau moment, pensa Sen'ken. L'espace d'un instant, ces deux tourtereaux avaient été frappés par une vague d'innocence, ils avaient préservé, pendant quelques secondes, leur esprit de la fatalité qui les avait frappés pour se laisser aller à l'insouciance. Au fond de lui, Sen les enviait.

La table d'à côté offrait elle un spectacle propice à un retour à la réalité. Un jeune garçon, en larmes, l'air hagard, était plongé dans le désarroi, tandis qu'une jeune adolescente à longue crinière aux reflets améthyste semblait tenter de le calmer et de l'aider. Une boule vint nouer l'estomac du doyen. Il n'y avait rien de plus désagréable dans ce monde que ces scènes de douleur, de déchirement. Beaucoup de gens n'y croyaient déjà plus. Et à ces gens-là, il allait falloir redonner espoir.

Se levant péniblement, après avoir payé sa consommation, il se dirigea en direction de cette table, et demande de sa grosse voix :

- Hé bien ma p'tite, j'peux peut-être vous donner un coup de main ? Et toi mon p'tit gars, c'est quoi ce gros chagrin ?
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Naralith
Messages : 30 |  Date d'inscription : 28/03/2015 |  
Posté le : le Ven 3 Avr - 22:52
La première journée dans Sword Art Online avait été des plus éprouvantes, surtout depuis que ce *bip* de Kayaba ait annoncé la véritable nature de ce jeu qui pour le coup n'en était plus du tout un à mes yeux. À ma morne réalité c'était soudain substitué un nouveau monde, aussi dangereux que beau, mais dans lequel je me sentais tout aussi impuissante. Il faisait presque nuit lorsque je sortis de l'armurerie et bien que je sois dans un jeu vidéo, mon ventre grogna férocement du fait de n'avoir rien mangé depuis ce matin. Après un soupir las, je me rendis à la taverne de la ville qui faisait aussi office d'auberge. Ne sachant pas encore la valeur de l'argent dans ce monde, je me contentais du repas le plus basique et économique proposé ici, une grosse miche de pain, qui en soit n'était pas mauvaise, mais au bout de la moitié on se laissait rapidement du goût.

Il y avait beaucoup d'autres joueurs dans la taverne et parmi eux, on pouvait distinguer trois différentes catégories. En partant de la plus petite à la plus grande, il y avait ceux qui semblaient plutôt contents ou alors était-ce parce qu'ils avaient trop bu ? Ensuite venait ceux qui restait pensif, j'en voyais d'ailleurs plusieurs le nez plongé dans un livre semblable a celui que l'on m'avait donné un peu plus tôt. Et pour finir, il y avait ceux qui étaient complètement abattu. On y trouvait de tout, des gens seuls comme des gens semblant être de la même famille, des jeunes, des adultes et même quelques vieux. Le seul point commun entre eux, c'était le désespoir qui se lisait sur leur visage. Les voir ainsi me faisait de la peine, mais si je me laissais aller je finirais par être paralysée par la peur et rester moisir dans cette ville jusqu'à ce que peut-être un jour quelqu'un finisse le jeu. Or j'entends bien, une fois que je serais prête, me dresser contre le plan tordu du concepteur de ce jeu.

Après ce petit repas, je fonçais directement dans la chambre que j'avais préalablement réservée. Celle-ci n'était ni trop grande ni trop petite et au moins, je n'avais pas à la partager, pas comme au foyer. Quoi qu'il m'arrive ici, je ne pense pas qu'il arrivera un jour où je regretterais cet endroit. Il y avait néanmoins une chose du monde réel qui me manquait déjà, dessiner. Je ne savais même pas si je pouvais dessiner dans ce monde-ci, je n'avais pas encore essayé par crainte de découvrir que cela était impossible, mais l'envie de poser ce que je ressentais sur papier était plus forte que cette peur. Je sortais de mon inventaire quelques feuilles de papier virtuel et un simple crayon que j'avais acheté un peu plus tôt auprès d'un PNJ et, assise sur le lit avec les feuilles sur les genoux, j'approchais lentement le crayon du papier. Peut importe qui aurait assisté à la scène, il aurait trouvé que cela ressemblait un peu aux passages en ralentit dans les films d'actions, l'action en moins. Une goutte de sueur perlait sur ma tempe quand enfin je me décidais à me lancer. Je posais un trait puis l'autre sans qu'aucun système ne vienne fausser mes mouvements. Une fois que je réalisais que mon niveau en dessin n'était pas régi par le jeu, un sourire étira mes lèvres, le premier depuis que je me savais emprisonnée ici. Je finis par utiliser presque toutes les feuilles que j'avais pour dessiner les quelques lieux et personnes que je ne voulais pas oublier, peu importe le temps que je passerais ici avant de m'endormir.

Le lendemain matin je me réveillais en sursaut après avoir rêvé que la vieille dame a qui j'avais volé le jeu et mes éducateurs faisaient exprès de débrancher mon Nerve Gear pour se débarrasser de moi et aussi ça jparce que j'entendais pleurer dans la chambre voisine. N'ayant pas encore totalement émergé de mon sommeil, je n'y prêtais pas plus attention que ça jusqu'à ce que je me rende compte qu'il s'agissait des pleurs un enfant. Dans un élan d'empathie, j'allais toquer à la porte de cette chambre. L'enfant qui s'y trouvait ouvrit rapidement la porte en criant « Papa ! » avant de pleurer de plus belle en se rendant compte que je n'étais pas son père. Plutôt que de chercher tout de suite à savoir ce qu'il se passait, je lui proposais de prendre un petit déjeuné avec moi pour le mettre en confiance. Le garçonnet accepta d'une voix timide avant de m'emboîter le pas jusqu'au rez-de-chaussée où se trouvait la partie de l'établissement faisant office de taverne. Pendant qu'il mangeait un peu, j'en profitais pour faire les présentations et j'appris qu'il son nom, Dan et son âge, huit ans. En mon for intérieur, je pestais sur son père d'avoir laissé un enfant de son âge seul, surtout dans ces conditions. Maintenant que la glace était brisée, je lui posais la question fatidique sur ce qu'est partit faire son père. Il m'expliqua en tentant de retenir ses larmes qu'il était venu jouer ici avec son Papa et qu'après que le monsieur en rouge, sûrement Kayaba, ait fini de parler, son Papa était très bizarre. Ils sont allés dans des magasins avant de venir ici le soir et après avoir mangé, il lui aurait dit qu'il devait sortir, mais qu'il serait là à son réveil. Il pleura à nouveau en disant qu'il ne voulait pas se retrouver tout seul ici quand un individu d'un certain âge s'approcha de notre table.


- Hé bien ma p'tite, j'peux peut-être vous donner un coup de main ? Et toi mon p'tit gars, c'est quoi ce gros chagrin ?

Petite ?! Il osait m'appeler petite ?! Si ça ne tenait qu'a moi je lui ferais bien bouffer ses cheveux blancs à ce vieux débris, mais je m'abstenais de relever cet affront quand il montra de l'intérêt pour Dan. Après tout, je ne pouvais pas me permettre de me mettre à dos quelqu'un qui pourrait être d'une aide précieuse pour retrouver le père du petit. Je résumais donc la situation au vieil homme en disant que je ne serais pas contre de l'aide pour partir à la recherche de père de Dan. Quelle que soit sa réponse, on ne pouvait pas partir à la recherche de quelqu'un dont on ne savait rien, alors je me tournais à nouveau vers le jeune garçon en lui demandant le nom que son père utilisait dans le jeu et ce à quoi il ressemblait avant de sortir ma dernière feuille ainsi que mon crayon. Avec un peu de chance, j'arriverais à dessiner un portrait assez ressemblant pour nous être utile dans nos recherches.
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Sen'ken
Messages : 156 |  Date d'inscription : 30/03/2015 |  
Posté le : le Sam 4 Avr - 17:09
Alors alors, quel était le pourquoi du comment ? La pré-adolescente (à en juger par le niveau de non développement de sa poitrine) débriefa Sen' sur la situation du petit "Dan" (puisqu'il s'appelait ainsi), huit ans.
HUIT ANS ? Pu****, quel genre de parents étaient assez sous-doués pour laisser un mioche de cet âge jouer à un titre comme Sword Art Online ? C'était si compliqué que ça de se référer aux standards du CERO ? Genki n'avaitpas  eu d'enfants, le seul qu'il ait jamais eu à gérer, c'était lui-même. Mais quand même... Après réflexion, il se demanda d'ailleurs quel était vraiment l'âge conseillé pour jouer à SAO ? Car quand on y pensait, il n'y avait pas de sang, ni de morts horribles ... En tous cas dans la version "soft" du titre, celle où les joueurs avaient encore accès à des droits basiques, comme se déconnecter ou mieux encore, RESSUSCITER.

Bref bref bref, ne nous écartons pas du sujet principal : le petit Dan a perdu son papa. Et retrouver l'un de ses parents s'annonçait ô combien plus compliqué dans l'Aincrad que dans un supermarché. Pas de jolie standardiste pour lancer un message d'accueil, non non non. La gamine faisait preuve de bonne foi, et d'esprit d'initiative. Elle avait sans doute bon fond, essayant de faire tout son possible pour aider le petit. Mais cette affaire, Sen' ne la sentait pas. Ca "puait du cul", comme il aimait à le dire. Et si, par chance, il venait à retrouver le père de Dan, le vieillard se chargerait de lui mettre un ou deux coups de pied au postérieur droit. Quel genre d'idiot fini pouvait se dire que c'était une bonne idée d'abandonner son gosse tout seul dans l'Aincrad ?

Le cinquantenaire devait tout de même mettre son pessimisme de côté pour tenter de débloquer la situation. Car s'il y avait un espoir, aussi infime soit-il, il faudrait aller le chercher. Kayaba était une sacrée pourriture. Laisser des enfants orphelins, cela ne le dérangeait visiblement pas. Bien sur que non, c'est le prix à payer pour satisfaire aux envies d'un malade mental. Un petit plaisir solitaire vaut bien une prise d'otages de 10.000 personnes, non ? Ouais, Kayaba prenait en fait la première place des dégénérés qui méritaient de se faire botter le cul, juste devant le père de Dan.

La gamine demanda alors à Dan de nous donner le nom de son père. Oui, c'était clairement de là qu'il fallait partir. Mais l'écrire en gros sur une feuille, ça n'allait pas servir à grand chose. Sen'ken intervint donc, convaincu qu'il y avait moyen de s'en sortir un tout petit peu plus vite.


- Bon, on va trouver une solution mon p'tit. Il peut pas être allé bien loin ton paternel, tu crois pas ? Est-ce que tu sais te servir du menu déroulant du jeu ? Si oui, as-tu mis ton père en ami ? Le vois-tu connecté ? Ou bien peux-tu lui envoyer un message ?

Beaucoup de questions pour une si petite tête, Dan ne semblait pas le moins du monde rassuré par l'interrogatoire que Sen'ken venait de lui faire. Pourtant, le vieil homme avait mis les formes, exhibant les belles dents qui lui restaient lorsqu'il parlait, et s'agenouillant pour être à la hauteur du petit gars, assis sur sa chaise.

De son côté, la gamine jouait la finaude, équipée de papier et de crayons. C'était sans doute pétri de bons sentiments qu'elle faisait ça, mais Sen' ne voyait pas à quel moment brandir le dessin d'un gars dans la rue, avec écrit en gros "WANTED" au dessus de son front, allait aider à débloquer la situation. A moins, évidemment, qu'elle ait les qualités graphiques propres aux inspecteurs des services spéciaux. Ce qui n'était pas le plus plausible des scénarios. Et quand bien même, pour peu que le père de Dan ait un physique commun, ça n'allait pas s'annoncer aussi simpliste de le retrouver au milieu d'une ville peuplée de 10.000 zozios un peu paumés et pas franchement ravis d'être ici.


- Dis-moi ma p'tite, t'es convaincue que c'est avec ton gribouillis d'ado qu'on va résoudre st'histoire ? J'ai comme un doute vois-tu ! Après c'est bien hein, il faut faire des propositions, on peut brainstormer y a pas de soucis. Mais là j'mettrai pas 6 cols sur ton idée. Le prend pas personnellement hein, surtout pas. Mais j'ai un peu de bouteille, tu sais.
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